Dans une allocution solennelle à la Nation, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a annoncé ce jeudi l’ouverture officielle du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État.
Ce processus inédit, limité à une durée maximale de trois mois, vise à traiter les causes structurelles de l’instabilité du pays.
Le Chef de l’État a ainsi marqué une rupture avec l’approche des précédents dialogues, en dénonçant les limites d’accords souvent réduits à de simples arrangements de façade.
Il a insisté sur la nécessité de privilégier la construction de l’État : « La première fragilité est que nous avons trop souvent répondu aux crises par le partage du pouvoir plutôt que par la consolidation de l’État. Nous avons réparti les fonctions et les responsabilités sans transformer suffisamment les institutions appelées à survivre aux hommes et aux circonstances ».
L’innovation de ce dialogue réside dans le fait qu’il s’ouvrira par des consultations dans les provinces : « Ce Dialogue national se distinguera d’abord par son ancrage territorial : il ne commencera pas à Kinshasa, mais au cœur de nos 26 provinces, de nos territoires et de nos communautés. Ainsi, les assises de Kinshasa ne seront pas le point de départ du Dialogue, mais l’aboutissement d’une parole recueillie à travers tout le pays », a précisé le Chef de l’État.
Par ailleurs, le Chef de l’État a fixé une ligne rouge claire face à l’agression rwandaise à laquelle notre pays est confronté : « Ne pourront donc pas participer à ce Dialogue en qualité de composantes politiques ceux qui, à l’ouverture du processus, combattent par les armes l’ordre constitutionnel, occupent par la force une partie du territoire national, administrent illégalement des entités de la République ou agissent au service d’une puissance étrangère, en l’occurrence le Rwanda ».
Le Président de la République a également exclu toute idée d’amnistie générale pour les auteurs de crimes graves graves, réaffirmant son refus de sacrifier la justice sur l’autel de la politique : « La paix ne saurait signifier l’impunité. Les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les actes de génocide, les violences sexuelles graves et les autres crimes imprescriptibles ne pourront être effacés par une amnistie générale ni sacrifiés au nom d’un compromis politique. Nous ne construirons pas la réconciliation sur l’oubli ».
Pour garantir le suivi des résolutions, un Comité d’organisation sera mis en place par ordonnance présidentielle dans les prochains jours. Il soumettra ensuite son rapport au Président de la République, qui signera une deuxième ordonnance convoquant le Dialogue national. Les travaux devront aboutir à l’adoption d’un Pacte national, assorti d’une stratégie de mise en œuvre.
Le Président de la République a, en outre, souligné qu’un dialogue sincère exige un climat politique serein. C’est dans cette perspective qu’il a annoncé des mesures de confiance et de décrispation politique.
Enfin, le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, a lancé un appel vibrant à l’unité de la classe politique et de la société civile pour surmonter la crise actuelle : « L’heure n’est plus aux postures stériles. L’heure n’est plus aux querelles de préséance ni aux fractures entretenues au détriment du peuple. L’heure est au sursaut, à l’unité et à l’action. Car si la démocratie nous autorise à nous opposer ; la Patrie, elle, nous interdit de nous déchirer ».
